DES RACINES ET DES AILES


25 septembre 2019
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La semaine dernière, j’ai entendu, à 3 reprises, parler de Terre et de racines.

Un hasard, un effet de synchronicité, ou un signal fort ?

Un restaurateur (Sang Hoon Degeimbre) d’abord, qui n’imagine pas d’autre cuisine que celle qui est inspirée par le Territoire dans lequel il oeuvre. Pas de cuisine sans enracinement. Celle de demain sera, à son sens, faite de chasse, de pêche et de cueillette. Un retour à la Terre et aux principes paysans.

Un film, « Au nom de la Terre », qui illustre le désespoir et la déshérence des agriculteurs. Ils cultivent et respectent cette Terre nourricière en étant devenus de véritables marginaux de notre Société.

Et enfin, Un écrivain américain, Pete Froom, interviewé par F. Busnel, qui considère la Terre comme une Toile blanche où tout peut arriver, à commencer par ses histoires. Sa terre c’est le Montana, c’est celle qui l’inspire et lui inspire des émotions enfouies.

Ce mouvement de retour à l’enracinement semble de plus en plus inéluctable.

Nous passons du macro au micro.

Après des années de culte de la consommation et de ses cathédrales, nous adulons désormais l’hyper-proximité, le commerce micro, du producteur, du marché, du mono-produit. On fait confiance à ce qui est tout près, à ce qu’on peut toucher, sentir, écouter.

La consommation se consume par nature.

Celle d’aujourd’hui se pense à une échelle individuelle et dans une relation retrouvée avec des GENS, des commerçants, des producteurs, des paysans…

Paradoxalement, des réseaux (macro) comme Instagram sont des terrains de jeu incomparables pour nouer des relations « micro » avec tous ces gens, d’individu à individu, de producteur à individu.

Ce retour aux racines donne des ailes.

Pour connaître, comprendre, prendre le temps, agir, s’ouvrir à de nouveaux modes de (dé)consommation et inventer des futurs désirables.

S’enraciner et s’envoler.

Cécile Badouard

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