Le tatouage, signe de culture contemporaine


04 juin 2014
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Impossible d’ignorer ce qui n’est plus une tendance mais plutôt une culture. Le tatouage, porté par la génération Y, a en quelques années, quitté l’ombre pour entrer dans la lumière. En atteste l’actuelle exposition au musée du Quai Branly.

 

 

                                                            affiche Quai Branly

 

Petit retour en arrière, historique d’abord, pour comprendre son évolution.

 

Marins                                

Rite initiatique, signe d’identité ou marque protectrice chez les Celtes, les Japonais, les Egyptiens ou les Polynésiens, le tatouage avait presque fini par disparaître des traditions tribales au fil des siècles. Mais au XVIIIe siècle, il revient sur la peau des marins et devient l’apanage des marginaux (Prisonniers, rockers, bikers) durant le XXème siècle.

Un signe qu’ils arborent comme une expression de rébellion envers la société.  

 

Mais le tatouage n’a pas toujours été choisi et fut parfois imposé en guise de punition. Dès l’Antiquité, les esclaves sont tatoués comme le bétail pour indiquer leur propriété. Pire, pendant la seconde guerre mondiale, les juifs déportés sont tatoués par des numéros permettant leur identification tout en appuyant leur déshumanisation.

Il entre aujourd’hui dans une nouvelle ère et acquiert un nouveau statut : de sous-culture. Il est non seulement devenu universel mais est désormais considéré comme un art.  Artisans, artistes, le débat n’est pas tranché mais les tatoueurs sont reconnus pour questionner leur dessin, la composition, la palette de couleurs, autant d’éléments les reliant à une démarche artistique. Par ailleurs, Cet art a cela d’intéressant qu’il est à la fois durable mais aussi éphémère, le temps d’une vie, contrairement à une toile de peinture.

Du côté des tatoués, le signe est esthétique mais pas seulement. Ce n’est pas un bijou, c’est une marque à vie qui traduit l’angoisse principale de l’homme : sa propre disparition, et donc, son obsession à laisser des traces, y compris sur son propre corps.  

Adopté, dans un premier temps par le monde de la mode et ses marques, il s’est transporté dans la rue et on le croise aujourd’hui sur toutes les peaux. Femme ou homme, jeune ou vieux, riche ou pauvre : le tatouage est encré  dans nos mœurs et dans notre culture.

 

                                Capture d’écran 2014-06-04 à 17.27.37

 

Au fil des siècles, le tatouage est donc devenu tendance. Si sa pratique et sa symbolique ont considérablement évolué, la raison pour laquelle on choisit d’être tatoué reste sensiblement la même : se démarquer par une démarche artistique.

 Alors, bientôt tous tatoués ?

 

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