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15 novembre 2016
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« Tu veux faire quoi quand tu seras grand ? »

« Président, policier, cowboy, véto, dsk, avocat, médecin, astronaute, pilote de F1, esthéticienne, coiffeur, inventeur, aviateur… »

L’imagination n’a aucune limite quand on est môme, et pourtant aucun minus n’a le grand rêve de devenir commercial en agence de communication. Vous me direz que les gamins ne rêvent pas de pub, ils la subissent avec le sourire parfois. Vous avez raison, mais cela ne sert pas ces lignes.

Le temps passe vite et nos petits ont maintenant vingt ans passés. Leurs parents ont noyé leurs désirs d’aventures, brûler leur avenir de pompier, fait disparaitre la magie de la réussite. Les études sup sont lancées. Elles seront bonnes pour les meilleurs et très bonnes pour les argentés. Les premiers seront consultants ou financiers, les seconds iront chez L’Oréal-Danone-Nestlé.

Quelques autres, les plus téméraires, iront dans la pub’, dans la comm’.

Ce sont eux les vrais courageux, les Rambo des temps modernes, les Avengers du business. Ils rejettent l’admiration des crédules, la gloire à table en famille le dimanche, la rémunération réinvestie dans une famille Cyrillus, la réussite absolue en somme.

Ils choisissent le courage, l’abnégation et le masochisme. Sans contraintes, ils placent leur tête entre le marteau, l’enclume et les emmerdes.

Chaque matin, armés de ténacité et d’inconscience, ils partent affronter leurs meilleurs ennemis.

A peine arrivés, ils subissent les quolibets de créatifs qui montrent les dents à défaut de rugir à Cannes.

Chaque midi, ils acceptent que le plaisir du job leur soit piqué par un malin autoproclamé planneur stratégique. Lui il réfléchit, c’est tout et c’est tant.

Chaque soir, ils rendent des comptes à des n+1 qui exigent leur marge brute quotidienne sinon ils te bouffent. Et quand ils rentrent chez eux, ils croisent l’avenir de leur métier, le chef de projet digital.

A côté, les mille exigences quotidiennes de leurs clients sont une pause kit-kat qui fait grossir le sentiment de respect.

Oui, le métier de commercial en agence de communication est un sacerdoce à ronger en regardant les grands Erra Tong Cuong Pacreau Rippe Sadoun Chiquiar Nessim & compagnie et en se disant qu’ils ont bien dû être en bas un jour.

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