De l’obsolescence programmée à l’uberisation inversée


19 mars 2015
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Il y a peu de temps, nous avions encore quelques repères temporels. Nous savions qu’un grille pain durait deux ans et qu’un employé lambda était cramé à 55 ans… dans le meilleur des cas. Passé ce délai, rien ne va plus, tout est perdu.
Nous disions alors que 10 ans dans l’ancienne économie équivalaient à une année dans l’ère digitale tant les phénomènes de la société s’accéléraient.
Le mythe d’une bulle internet fragile nous garantissait cependant une certaine instabilité de cet avenir pixellisé qui mettait déjà des étoiles dans les yeux de quelques entrepreneurs mais dérangeait profondément les fondamentaux de notre économie surannée.

Aujourd’hui, le moyen terme est réduit à trois ans et, envisager plus loin semble aussi incertain que les voyages entrepris par ces aventuriers du XVe siècle prenant la mer en direction d’une Terra Incognita alors que tout le monde pensait que la Terre était plate.

Il était grand temps que l’Apple Watch tant attendue vienne remettre tout le monde à la bonne heure. L’heure d’une vérité augmentée par la promesse d’une nouvelle éternité connectée.
Transhumanisé par les nanotechnologies et ragaillardi par quelques pilules colorées, l’homme mûr se redresse pour se plonger de plus belle dans sa nouvelle vie 3.0.
Il découvre l’amour géolocalisé, l’individu socio-médiatisé, le like des signes d’une société mutante d’un égo sur-digitalisé et quelques autres plaisirs algorythmés par des processeurs possessifs. Loin de vouloir lui échapper, l’Homme moderne se laisse prendre dans cette toile au décor protéiforme, terrain de nouvelles aventures aussi insolites que grisantes. L’obsolescence autrefois programmée laisse maintenant place à un bain de jouvence digital inespéré pour qui sait se reprogrammer.
Quant à Uber, passe me prendre au coin de la rue, c’est moi qui te donnerai mon itinéraire.

Ce monde de rosée
n’est qu’un monde de rosée ~
et pourtant… oh ! et pourtant…
Issa

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