Fab Labs : petit poisson deviendra grand ?


13 mars 2014
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Les fablabs (Fabrication Laboratories) sont nés en 2002 en Californie, à l’initiative d’un professeur de physique du MIT, Neil Gershenfeld. Sa volonté : « faire fabriquer n’importe quoi par n’importe qui ». Il équipe alors un laboratoire avec un certain nombre de machines industrielles, met à disposition savoir et procédés (via le web) et y invite étudiants, retraités, artistes… (tous ceux qui ne sont ni ingénieurs, ni designers, ni geeks) à fabriquer des objets.

Les fablabs étaient nés, ateliers de fabrication communautaire de l’ère numérique.

Depuis, ils sortent de l’ombre et se développent partout dans le monde.

Plus qu’une volonté, il s’agit en fait d’une vision de la société et d’un projet industriel : transposer au vieux monde industriel la philosophie ouverte et collaborative du logiciel libre. «Do it yourself, do it with others» («faites-le vous-même, faites-le avec les autres») : telle est la devise des Fab Labs. Des plans en open source, quelques machines-outils à commande numérique, un peu d’apprentissage collectif, beaucoup d’ingéniosité… et voilà un meuble, une pièce pour réparer son sèche-linge ou carrément un vélo ! Les Fab Labs sont  une expérience collective basée sur le partage de connaissances à l’échelle locale ou planétaire : un objet peut être conçu dans un Fab Lab, fabriqué dans un autre… et amélioré dans un troisième. Dans tous les cas de figure, il s’agit de micro-industrialisation, locale, partagée, ouverte à tous. La dimension éducative est au cœur du système : apprendre, mais surtout le faire ensemble. Vous ne devez pas déléguer la réalisation de votre projet à un utilisateur plus chevronné, mais acquérir les compétences grâce aux membres de la communauté : une valorisation de l’apprentissage par la pratique et non par la théorie.

 

fab-labs

Par ailleurs, le projet (dans l’esprit de son créateur) a aussi pour vocation de générer de l’économie circulaire : si les Fab Labs permettent de concevoir des objets, ils permettent aussi de les réparer ou de les améliorer : recoudre un vêtement, fabriquer une pièce pour en remplacer une non disponible en SAV…Cela permet à de nombreux citoyens, dans les pays du sud comme du nord, de ne fabriquer que ce dont ils ont besoin : une fabrication sur demande, relocalisée, tout simplement plus durable.

 

Encore discret en France, le mouvement commence à essaimer : il existe déjà cinq Fab Labs dans l’Hexagone (le Centquatre possède par exemple son Fablab « nouvellefabrique.fr »), et vingt-quatre autres se revendiquent comme tels sans avoir forcément reçu l’agrément du MIT.

Leur développement est fortement soutenu, en France et partout dans le monde,  par celui des imprimantes 3D qui vont dans le sens de cette micro-fabrication.

 

Tout comme le crowdfunding, les fablabs intéressent les gouvernements occidentaux en quête de solutions hétérodoxes pour relancer l’innovation, l’industrie et l’emploi. Le gouvernement français s’y engouffre : le Premier Ministre a demandé cette semaine à Fleur Pellerin de lui proposer, d’ici à l’été, un plan d’actions pour renforcer sur l’ensemble du territoire la dynamique collaborative des Fab Labs et 40 millions d’euros y seront consacrés.

 

Ce qui pouvait sembler, à première vue, un fantasme flower power, pourrait, en définitive, se révéler une économie à forte croissance, qui place le citoyen au cœur du processus.

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